Dès l'origine, Ferruccio Lamborghini avait entrevu la possibilité de construire une petite GT. Dans cette optique, il avait demandé à Giotto Bizzarini de concevoir un V12 capable d'être décliné en petite cylindrée. Avec un six cylindres, fruit de la partition du V12, la Marzal obéissait à cette stratégie. Mais cette formule s'est révélée décevante et elle fut abandonnée.
Paolo Stanzani dessine donc un nouveau V8, ouvert à 90°, plus facile à construire et moins coûteux. L'Urraco devant être une 2 + 2 à moteur central transversal, ce groupe sera particulièrement compact (sa largeur n'excédera pas 70 centimètres). De plus, afin de préserver l'avenir, il doit pouvoir être monté de diverses façons (en long ou en travers). Mais contrairement à la Miura, la boîte de vitesses Lamborghini à cinq rapports sera placée dans le prolongement du moteur. Doté d'une distribution à arbre à cames unique par rangée de cylindres (entraîné par courroie crantée), le V8 Lamborghini développe 220 ch, soit nettement plus que les 195 ch de la Dino 246 GT.
Dotée d'une structure semi-monocoque, l'Urraco innove en matière de suspensions. Elle est la première sportive équipée d'une suspension McPherson. Cette dernière a été retenue pour sa compacité, qui permet de dégager l'habitacle. Par ailleurs, la direction à crémaillère est dépourvue de colonne - elle est accrochée directement sur une traverse située au niveau de la planche de bord.